Observer les oiseaux migrateurs de la ria d’Étel, au bon endroit et à la bonne marée

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La rivière d’Étel est la troisième zone d’hivernage des oiseaux d’eau du Morbihan, derrière le golfe et la baie de Vilaine, avec 16 707 oiseaux comptés à la mi-janvier 2024. Pour observer les oiseaux migrateurs de la ria d’Étel, trois réglages comptent : la saison, l’heure de la marée et le point de vue. Nous les détaillons avec les sites que nous conseillons à nos hôtes, tous à moins d’une demi-heure de Dihan.

À retenir

  • D'octobre à mars, la ria accueille le gros de ses hivernants : 16 707 oiseaux d'eau y ont été comptés à la mi-janvier 2024.
  • Arrivez environ deux heures avant la pleine mer d'Étel, quand le flot rapproche les oiseaux des rives. Au fond de la ria, la mer arrive plus tard.
  • L'observatoire de Nostang, l'étang de Saint-Jean et l'anse de Berringue sont les postes les plus sûrs, entre 18 et 26 minutes de Dihan.
  • Gardez au moins 100 mètres avec un groupe d'oiseaux au repos et tenez votre chien en laisse, comme le demande la charte Natura 2000 de la ria.
  • Le Grand Site Gâvres-Quiberon organise des sorties ornithologiques à Étel à 4,50 €, gratuites pour les moins de 12 ans, sur inscription.

Pourquoi la ria d’Étel attire-t-elle tant d’oiseaux migrateurs ?

La ria s’enfonce sur une quinzaine de kilomètres dans les terres et couvre à marée haute environ 2 200 hectares, bordés de 125 kilomètres de rivage. À marée basse, plus de 1 100 hectares de vasières se découvrent, où pullulent les hydrobies, de minuscules escargots, et les corophies, de petits crustacés : la nourriture des bécasseaux, des courlis et des tadornes.

Les 48 hectares d’herbiers de zostère naine retiennent de leur côté la bernache cravant, une petite oie qui se nourrit surtout de cette plante et d’algues vertes. Au creux des anses, les étangs saumâtres de Saint-Jean, de Berringue ou de Rodes offrent enfin des eaux calmes où les oiseaux se reposent pendant que la mer couvre la vase. Ce voisinage d’un garde-manger et d’un dortoir explique que 161 espèces aient été recensées dans le site Natura 2000 de la ria, dont 38 d’intérêt européen.

Avec ses 2 200 hectares d’eau, la ria accueille en hiver presque autant d’oiseaux que la baie de Vilaine (18 707 en janvier 2024) et davantage que la rade de Lorient (14 668), d’après le bilan des comptages Wetlands 2024 en Bretagne.

Bernaches cravants sur les herbiers de zostère de la ria d'Étel à marée basse

Quels oiseaux observer, et à quelle saison ?

À la mi-janvier 2021, la ria abritait 12 181 oiseaux d’eau, près d’un sur onze de ceux dénombrés dans tout le Morbihan, dont 1 603 bernaches cravants, 1 403 bécasseaux variables, 1 185 canards siffleurs, 614 tadornes de Belon, 188 courlis cendrés et 101 spatules blanches.

D’octobre à mars, le gros des hivernants

Les bernaches cravants quittent la toundra sibérienne à la fin de l’été, arrivent en France surtout en octobre et repartent en mars. À marée basse, les groupes broutent la zostère sur la vase, puis vont se reposer quand la mer remonte.

Les limicoles hivernent sur la même période, et vous reconnaîtrez les bécasseaux variables à leurs vols serrés qui basculent du gris au blanc en virant, les courlis cendrés à leur long bec arqué et les chevaliers gambettes à leurs pattes rouges. Sur l’eau, surveillez le grèbe à cou noir et le harle huppé, pour lequel la ria avait atteint le seuil d’importance nationale en janvier 1998.

D’août à octobre, le grand passage

Dès la fin de l’été, les limicoles venus du nord de l’Europe font escale pour refaire leurs réserves, une halte qui culmine en Bretagne en août et septembre. La spatule blanche se disperse dès juillet et atteint son pic dans les estuaires de la côte sud fin septembre et début octobre.

Sur les hivers 2020 à 2024, la ria était le deuxième site breton pour la spatule blanche, derrière le golfe du Morbihan.

D’avril à juillet, la saison des sternes

Les sternes remontent d’Afrique au printemps. Sur l’îlot d’Iniz er Mour, à Sainte-Hélène, la sterne pierregarin niche de la mi-avril à la fin juillet, et avec 250 couples en 2021, la colonie de la ria était la plus importante du Morbihan. L’îlot et son voisin Logoden sont protégés par arrêté depuis 1980 et 1983 : on n’y débarque pas du 1er avril au 15 juillet, et les sternes se regardent pêcher en piqué depuis la rive.

Calendrier des migrateurs

Quels oiseaux dans la ria, mois par mois

Choisissez le mois de votre séjour : les barres foncées montrent ce que vous pourrez observer.

Bernaches cravants

Bécasseaux, courlis et pluviers en hivernage

Canards siffleurs, harles et grèbes

Limicoles en halte migratoire

Spatules blanches

Sternes pierregarins nicheuses

Îlots interdits au débarquement

Comptage Wetlands de la mi-janvier

Chauffage compris dans nos cabanes

Au fil des mois

    Sources : bilans Wetlands 2021 et 2024 (Observatoire de l’environnement en Bretagne), document d’objectifs Natura 2000 « Ria d’Étel ». Les périodes de passage sont des repères régionaux, qui varient d’une année à l’autre.

    À quelle heure de marée observer les oiseaux ?

    À marée basse, les oiseaux se dispersent sur des centaines d’hectares de vase, souvent trop loin pour des jumelles. Le flot les repousse ensuite vers le haut de l’estran, puis vers les reposoirs (prés salés, îlots, rives d’étang) où ils patientent en groupes serrés jusqu’au jusant.

    Le meilleur créneau se place donc sur la marée montante, environ deux heures avant la pleine mer.

    Les agents de la réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon calent d’ailleurs leurs comptages sur ce moment. Les horaires du port d’Étel, publiés sur maree.info d’après les prédictions du SHOM, valent pour l’entrée de la ria. À Pont-Lorois, la renverse du courant survient 1 h 15 à 1 h 30 après l’étale d’Étel : plus vous remontez vers Nostang, plus la mer arrive tard, et un départ calé sur l’horaire d’Étel vous laisse le temps de vous installer. L’étang de Saint-Jean, réglé par des vannes, échappe à cette horloge et se visite à toute heure.

    Horloge des marées

    Où sont les oiseaux, heure par heure

    Faites glisser le curseur sur un cycle de marée, d’une basse mer à la suivante (environ 12 h 25) : le schéma montre comment le flot rapproche les oiseaux du rivage.

    Le créneau conseillé

    Environ deux heures avant la pleine mer, les groupes se resserrent près des rives et des reposoirs.

    À quelle heure partir de Dihan ?

    12 h 00

    Arrivée conseillée vers 10 h 00

    • Barre d'Étel (parking côté Étel)Départ de Dihan à — (17 min de route)À l'entrée de la ria, l'horaire d'Étel s'applique.
    • Saint-Cado et la pointe du PercheDépart de Dihan à — (16 min de route)La mer y arrive un peu plus tard qu'à Étel.
    • Anse de BerringueDépart de Dihan à — (20 min de route)La mer y arrive plus tard qu'à Étel.
    • Observatoire de NostangDépart de Dihan à — (26 min de route)Au fond de la ria, la mer arrive nettement plus tard : vous aurez de l'avance.
    • Étang de Saint-JeanDépart de Dihan à — (18 min de route)Étang réglé par des vannes : il se visite à toute heure.

    Schéma de principe. Temps de route estimés depuis Dihan en septembre 2026. À Pont-Lorois, la renverse du courant survient 1 h 15 à 1 h 30 après l’étale d’Étel.

    Où observer les oiseaux autour de la ria d’Étel ?

    Les premiers oiseaux se regardent au domaine, refuge LPO, où une chouette hulotte niche depuis plusieurs années sur le toit de la cabane Nijal. Une dizaine d’espèces d’oiseaux y sont apparues depuis que nous gérons le site de façon écologique, avec fauche tardive et écopâturage.

    Carte interactive

    Les sites d’observation autour de la ria

    Touchez un repère pour savoir quand venir, ce que vous verrez et le temps de route depuis Dihan.

    Océan
    Atlantique
    ÉtelBelzLocoal-
    Mendon
    NostangSainte-
    Hélène
    PlouhinecLandaulErdeven
    Ria, océan et étangs saumâtres Dihan, point de départ

    Observatoire de Nostang

    26 min de route

    Quand venirMarée basse pour les limicoles, marée haute pour les canards

    Ce que vous verrezCourlis cendré et corlieu, bécasseau variable, tadorne, martin-pêcheur, bruant des roseaux

    AccèsPetit parking au hameau du Cosquer, puis quelques centaines de mètres à pied

    Temps de route en voiture depuis Dihan, estimés en septembre 2026. Oiseaux : birdingplaces.eu, Morbihan Tourisme, mairie de Locoal-Mendon, document d’objectifs Natura 2000. Trait de côte © contributeurs OpenStreetMap (ODbL).

    L’observatoire de Nostang, au fond de la ria

    À 26 minutes de Dihan, au Cosquer, hameau de Nostang, un petit parking mène en quelques centaines de mètres à un observatoire qui domine un marais et la ria. À marée basse, courlis cendrés, courlis corlieux et bécasseaux variables fouillent la vase ; à marée haute, tadornes, canards et goélands occupent le plan d’eau, et le martin-pêcheur longe la rive. La roselière voisine abrite le bruant des roseaux et la bouscarle de Cetti.

    Pour une première fois, nous choisirions ce site : on y voit les deux marées sans quitter l’abri.

    L’étang de Saint-Jean, à Locoal-Mendon

    Plus grande étendue d’eau saumâtre de la ria, l’étang de Saint-Jean couvre près de 40 hectares bordés de roselières, sur un site du Conservatoire du littoral classé en réserve ornithologique. Plus de 80 espèces d’oiseaux y ont été recensées : le balbuzard pêcheur y est souvent observé, avec tadornes, spatules et fuligules morillons, et l’hiver amène parfois des raretés comme la harelde boréale. L’étang est en restauration depuis 2015 : restez sur les chemins, à 18 minutes de route depuis Dihan.

    L’anse de Berringue et la pointe de la Vieille Chapelle, à Sainte-Hélène

    Entre Plouhinec et Sainte-Hélène, l’anse de Berringue et son étang saumâtre comptent parmi les refuges de la ria, et Morbihan Tourisme y conseille les jumelles pour les hérons, aigrettes, tadornes, bernaches et cormorans. La boucle « Entre terre et mer » (10,2 km, balisage bleu) part de l’église de Sainte-Hélène, à 20 minutes de route, et longe le moulin de Berringue jusqu’à la pointe de la Vieille Chapelle.

    Saint-Cado et la pointe du Perche, à Belz

    À un quart d’heure de Dihan, les vasières de Saint-Cado portent des herbiers de zostère, la nourriture des bernaches, et le document de gestion Natura 2000 relève l’intérêt ornithologique du petit archipel voisin, privé. Le sentier littoral de Belz relie plusieurs tables d’orientation, dont celle de la pointe du Perche. Observez depuis le sentier plutôt que depuis la vase, car les herbiers du secteur souffrent déjà du piétinement de la pêche à pied.

    La barre d’Étel, à l’embouchure

    La barre se regarde des deux rives, et le parking côté Étel, à 17 minutes de Dihan, est le plus direct. Au printemps et à l’automne, sternes caugeks et pierregarins, goélands et grands cormorans y passent ; avec les vents d’automne, bernaches, huîtriers pies, tournepierres et bécasseaux arrivent aussi sur la côte des dunes d’Erdeven et de Plouhinec.

    Observer sans déranger, le matériel et les bons gestes

    Des jumelles 8×42 suffisent le long des sentiers. Sur les étangs et les grandes vasières, une longue-vue sur trépied change la séance, recommandée à Saint-Jean et utile à Nostang. Notez ensuite vos observations sur Faune-Bretagne, la base naturaliste régionale.

    Longue-vue sur trépied et jumelles face à un étang saumâtre bordé de roseaux, au bord de la ria d'Étel

    Un oiseau qui s’envole brûle des réserves qu’il reconstitue mal en hiver. La réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc estime que des envols répétés augmentent de 10 à 20 % sa dépense d’énergie sur une marée, et que trois à cinq dérangements par marée suffisent à rendre un reposoir inutilisable. Sur le terrain, la charte Natura 2000 de la ria et le bon sens se rejoignent :

    • Gardez au moins 100 mètres entre vous et un groupe d’oiseaux au repos.
    • Tenez votre chien en laisse, car un chien qui divague fait lever des vols entiers.
    • Restez hors de la vase et des herbiers, où le sédiment manque de portance.
    • Ne débarquez pas sur les îlots d’Iniz er Mour et de Logoden du 1er avril au 15 juillet.

    Si les oiseaux s’envolent à votre approche, vous êtes trop près, rappelle l’Office français de la biodiversité.

    Une journée d’oiseaux depuis Dihan

    En hiver, calez la journée sur la marée plutôt que sur l’horloge. Un jour de pleine mer vers midi à Étel, partez vers 9 h 30 pour Nostang ou Saint-Jean, déjeunez à Belz ou à Étel, puis regardez depuis Saint-Cado la vasière se découvrir et les oiseaux revenir s’y nourrir. Au retour, le hammam ou le sauna de notre spa à Ploemel (26 € la séance de 45 minutes) réchauffe les doigts engourdis par la longue-vue.

    Du 1er octobre au 31 mars, le chauffage est compris dans nos cabanes perchées et nos chambres insolites. Le dôme et les hébergements insolites ouvrent tous les soirs jusqu’au 11 novembre, puis les week-ends de mars, quand les bernaches repartent. Entre-temps, en novembre et en décembre, une cabane dans les arbres avec jacuzzi ou une cabane sur l’eau vous accueille chaque week-end et toutes les nuits des vacances de Noël.

    Calée sur la saison et sur la marée, une matinée suffit pour voir défiler une bonne part des hivernants de la ria, des bernaches qui broutent la zostère aux spatules endormies sur une patte. Dihan, en breton, c’est la pause : entre deux marées, le temps de laisser sécher les bottes près du poêle du salon d’hôtes.

    Séjour oiseaux et cabane

    La ria le matin, la cabane le soir

    La ria d'Étel à un quart d'heure, le hammam ou le sauna au retour (26 € les 45 minutes) et le chauffage compris dans nos cabanes perchées d'octobre à mars.

    Découvrir les cabanes avec jacuzzi
    Refuge LPO · Green MorbihanSite sans voiture de 25 hectaresHammam et sauna privatifs

    Questions fréquentes

    Quelle est la meilleure période pour observer les oiseaux migrateurs dans la ria d’Étel ?

    D’octobre à mars pour les hivernants (bernaches cravants, bécasseaux, canards, spatules), en août et septembre pour le passage des limicoles, et d’avril à juillet pour les sternes qui nichent sur l’îlot d’Iniz er Mour. Le comptage de la mi-janvier 2024 a recensé 16 707 oiseaux d’eau dans la ria.

    Faut-il venir à marée haute ou à marée basse ?

    Le meilleur moment se situe sur la marée montante, environ deux heures avant la pleine mer : le flot rapproche les oiseaux des rives et les regroupe. À marée basse, ils se dispersent sur les vasières, souvent hors de portée des jumelles. Au fond de la ria, la mer arrive plus tard qu’aux horaires publiés pour Étel.

    Existe-t-il un observatoire ornithologique dans la ria d’Étel ?

    Oui, à Nostang : depuis le petit parking du hameau du Cosquer, quelques centaines de mètres de chemin mènent à un observatoire qui domine un marais et la ria, avec limicoles à marée basse et canards, tadornes et goélands à marée haute.

    Existe-t-il des sorties guidées pour observer les oiseaux de la ria ?

    Oui. Le Syndicat mixte du Grand Site Gâvres-Quiberon organise des sorties ornithologiques à Étel, du Pradic à la barre, l’été et à la fin de l’hiver (cinq dates au programme 2026), à 4,50 € par personne, gratuites pour les moins de 12 ans et sur inscription. Le reste de l’année, un guide naturaliste indépendant, les Excursions du Chevalier Arlequin, sort sur réservation à marée haute, à partir de 18 € par adulte et gratuitement pour les enfants accompagnés.

    Peut-on observer les oiseaux de la ria avec des enfants ?

    Oui. La boucle de la Forest, sur le chemin de Cadoudal à Locoal-Mendon, fait 3 km sans difficulté, et les sorties ornithologiques du Grand Site Gâvres-Quiberon à Étel sont gratuites pour les moins de 12 ans. Prévoyez une paire de jumelles par enfant : l’attente passe beaucoup plus vite.

    Où se trouve la ria d’Étel ?

    Entre Lorient et Carnac, dans le Morbihan. Ce bras de mer de 15 km borde onze communes, d’Étel et Plouhinec à l’embouchure jusqu’à Nostang et Landévant au fond de la ria. Depuis Dihan, à Ploemel, la barre d’Étel est à un quart d’heure de route.

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